Garorock devait célébrer ses 30 ans en grande pompe. Mais, l’édition anniversaire restera finalement comme l’une des plus compliquées de l’histoire du festival marmandais. Sur les quatre journées prévues du 25 au 28 juin 2026, seule celle du vendredi a pu se dérouler normalement.
Le jeudi a été annulé en raison de la canicule et des risques d’orages, avant que les concerts du samedi et du dimanche ne soient également supprimés face à une nouvelle dégradation météo. Un véritable naufrage pour les festivaliers. Et donc un coup très dur pour l’équipe de Garorock, quelques mois seulement après les rumeurs de déménagement vers Bordeaux.
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Une édition anniversaire réduite à une seule journée
Tout avait pourtant été pensé pour faire de cette 30ᵉ édition un événement particulier. Garorock avait annoncé une programmation mêlant plusieurs poids lourds de la scène actuelle, parmi lesquels Gims, PLK, Major Lazer, Bigflo & Oli, Vald, Théodora ou encore Vladimir Cauchemar.
Annulation du jeudi, maintien du vendredi
Mais dès le jeudi 25 juin, la météo a pris le contrôle du programme. Face aux fortes chaleurs annoncées, avec un ressenti pouvant atteindre 48 degrés, la préfecture de Lot-et-Garonne, la Ville de Marmande et l’organisation ont décidé d’annuler la première journée. Le camping est resté fermé jusqu’au vendredi matin. Les organisateurs déconseillaient formellement aux festivaliers de patienter dans les parkings exposés au soleil, mais certains y étaient obligés.
Le vendredi a finalement offert quelques heures de répit et permis au festival de démarrer. Même si beaucoup de festivaliers ont pointé une organisation très compliquée ce jour-là avec de nombreuses heures de queue pour la billetterie sous le soleil.
Annulations du samedi et du dimanche
Mais le samedi, alors que des orages violents étaient attendus entre 20 h et 22 h (mais ça n’a pas vraiment été le cas), la journée a été annulée sur décision des autorités. L’évacuation du camping a été ordonnée avant le passage de l’épisode orageux.
Des dizaines de milliers de campeurs ont alors dû quitter temporairement la plaine de la Filhole. Les habitants de Lot-et-Garonne ont été invités à rentrer chez eux. D’autres étaient orientés vers leurs véhicules ou vers plusieurs lieux de repli.
Le dimanche matin, le couperet est tombé une dernière fois. La vigilance pour orages ne permettant toujours pas de garantir la sécurité du public, l’ultime journée a été annulée. Garorock 2026 était définitivement terminé. Les festivaliers ont été invités à revenir récupérer leurs affaires au camping, avec des navettes prévues depuis les différents espaces d’accueil.
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Entre sécurité nécessaire et organisation contestée
Les décisions d’annulation ont été prises en concertation avec la préfecture, la mairie, les services de secours et le festival. Dans un événement accueillant plusieurs dizaines de milliers de personnes sur un terrain ouvert, exposé au vent et situé près de la Garonne, ignorer des alertes météorologiques aurait constitué un risque.
Cela n’a pas empêché une partie du public de dénoncer une communication tardive, des consignes parfois difficiles à suivre et des conditions d’accueil jugées insuffisantes. Mais, d’autres festivaliers ont au contraire salué la mobilisation des bénévoles, des agents municipaux, des secours et des habitants.
Le directeur et fondateur du festival, Ludovic Larbodie, a reconnu que tout n’avait pas été parfait. Visiblement très affecté, il a donc présenté ses excuses et partagé la frustration du public après cette édition chaotique, avec émotion.
Le spectre d’un départ à Bordeaux ?
Cette débâcle intervient dans un contexte particulier. En 2025, plusieurs informations avaient fait état de discussions autour d’un possible transfert de Garorock vers le stade Atlantique de Bordeaux.
La logistique de la Filhole, les coûts du festival et son déficit chronique étaient notamment évoqués. Depuis son rachat en 2024, Garorock appartient au groupe allemand CTS Eventim, géant européen de la billetterie et de l’organisation de concerts.
L’idée d’un départ avait provoqué une forte réaction dans le Marmandais. Car Garorock n’est pas uniquement un événement musical posé au bord de la Garonne. Pendant quelques jours, il transforme toute la ville. Hébergements remplis, commerces fréquentés, trains bondés, routes saturées et dizaines de milliers de jeunes installés autour de la Filhole… Le festival fait partie de l’identité locale autant que de son économie.
À l’automne 2025, l’organisation avait finalement confirmé le maintien de la 30ᵉ édition à Marmande. Puis, avant même le lancement de Garorock 2026, elle avait annoncé les dates de 2027 et la venue de David Guetta, manière de réaffirmer publiquement son attachement à la ville.
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Quel avenir pour Garorock à Marmande ?
Le fiasco de 2026 pourrait forcément relancer le débat. Un site urbain ou un stade couvert ne supprimerait toutefois pas tous les risques : chaleur, orages, transports et évacuations resteraient des problèmes majeurs pour un festival de cette taille. Un déménagement ferait également perdre à Garorock une partie de ce qui le distingue : son camping, sa plaine, son ambiance et son ancrage marmandais.
Pour l’heure, aucun départ n’est annoncé. La 31ᵉ édition doit avoir lieu à Marmande du 25 au 27 juin 2027. L’organisation affirme avoir identifié plusieurs axes d’amélioration et promet de tirer les leçons de 2026. Les journées annulées font par ailleurs l’objet de remboursements.
Garorock reste donc à la Filhole. Mais après une édition anniversaire réduite à quelques heures de musique, le festival devra désormais restaurer la confiance.
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