N’avez-vous jamais remarqué que certaines formes du corps humains se retrouvent également dans la nature ? Comme quoi… La beauté est partout.
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Des formes et motifs semblables entre la nature et le corps ?
Il suffit parfois d’un regard un peu trop insistant pour que le monde commence à se répondre à lui-même. Un iris d’œil humain observé de près, et voilà qu’apparaît une carotte coupée en rondelle, une feuille nervurée posée sur une table, et soudain surgit le souvenir d’une peau marquée de vergetures, ces lignes blanches ou violacées qui racontent la croissance, la tension, le passage du temps.
Rien d’ésotérique ici, rien de mystique non plus, juste une évidence troublante : la nature et le corps humain partagent un langage de formes, de structures, de motifs qui semblent se répéter comme des refrains visuels.
Cette récurrence n’est pas un hasard esthétique. Elle est d’abord biologique. Le vivant, qu’il soit végétal, animal ou humain, obéit aux mêmes lois physiques, aux mêmes contraintes de croissance, aux mêmes impératifs d’optimisation.
La forme n’est jamais gratuite, elle est une réponse et une solution. Par exemple, les branches d’un arbre se divisent comme les bronches dans les poumons. Les réseaux sanguins imitent les cours d’eau vus du ciel. Les alvéoles pulmonaires rappellent des grappes de raisin. Le corps humain, en ce sens, n’est pas séparé de la nature. Il en est une variation dense, compacte, organisée différemment.

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Quelques exemples de parallèles entre nature et corps humain
Prenons l’iris. Cette zone colorée de l’œil, souvent célébrée pour sa beauté singulière, présente une structure radiale, fibreuse, presque végétale. Des fibres s’étendent depuis la pupille vers l’extérieur, comme des racines cherchant l’eau dans la terre. Les biologistes parlent de trames, de sillons, de cryptes. Le vocabulaire est déjà celui du sol.
Ce n’est pas une métaphore poétique ajoutée après coup. C’est une description fonctionnelle. L’iris est un muscle complexe, une membrane vivante, qui s’ouvre et se ferme pour réguler la lumière, exactement comme une plante adapte ses feuilles à l’environnement.
La peau offre un autre terrain de comparaison vertigineux. Les vergetures, souvent perçues comme des marques indésirables, racontent en réalité une histoire universelle. Celle de la croissance rapide, de l’étirement, de la rupture microscopique.
Or ce motif, fait de lignes parallèles ou ramifiées, se retrouve partout dans la nature. Dans les lits de rivières asséchés, dans les dunes de sable, dans les nervures des feuilles, dans les fissures de l’argile. Même logique, même dessin : une surface soumise a une tension qu’elle ne peut absorber sans se transformer.
Les os eux-mêmes parlent le langage du paysage. Leur structure interne ressemble à des architectures minérales, a des ponts, a des treillis. Rien n’est plein. Tout est optimisé.
Le squelette n’est pas une armature massive, mais une dentelle solide, pensée pour supporter le poids avec le minimum de matière. On retrouve ce principe dans les coquillages, dans les coraux, dans certaines formations rocheuses.
Des ressemblances qui inspirent les artistes et les scientifiques
Ces ressemblances fascinent depuis longtemps les artistes et les scientifiques. Léonard de Vinci dessinait des crânes comme des collines, des muscles comme des cordages, des fleuves comme des veines.
Plus tard, Ernst Haeckel, avec ses planches de formes naturelles, montrait déjà que la frontière entre le biologique et l’esthétique était poreuse. Aujourd’hui, les images de microscopie ou de satellite ne font que renforcer ce sentiment étrange : à toutes les échelles, le monde se répète.
Même le cerveau, souvent présenté comme l’organe de la pensée pure, n’échappe pas à cette logique formelle. Ses replis rappellent ceux des noix, des coraux, des falaises érodées. Cette surface plissée n’est pas une fantaisie. Elle permet d’augmenter la surface disponible dans un volume limité. Exactement comme une feuille se plisse pour capter plus de lumière.

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Ce n’est pas une harmonie cosmique, mais une question d’adaptation vivante
Il serait tentant de voir dans ces parallèles une preuve d’une harmonie cosmique, d’un dessein caché. Mais l’explication est plus simple, et peut-être plus vertigineuse encore. Le vivant utilise les mêmes outils pour répondre aux mêmes problèmes : croître sans se rompre, transporter des fluides, échanger avec l’environnement, résister aux contraintes.
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