Le syndrome de l’imposteur est très présent à notre époque dans tous les métiers et tous les aspects de la vie. Les réseaux sociaux et l’hyperconnexion font que nous avons tendance à croire que nous ne sommes jamais assez légitimes ou que nous ne faisons jamais assez. Et chez les artistes et chez un écrivain, le syndrome de l’imposteur est particulièrement présent.
Qu’est-ce que le syndrome de l’imposteur ?
Le syndrome de l’imposteur est un sentiment persistant de ne pas être légitime dans ce que l’on fait, même lorsque l’on a des preuves objectives de ses compétences. La personne a l’impression de tromper les autres sur sa valeur réelle. Elle attribue alors ses réussites à la chance, au hasard ou à des circonstances extérieures plutôt qu’à son travail ou à son talent. La personne craint d’être un jour comme « démasquée ».
Ce phénomene ne signifie pas que l’on manque réellement de compétences. Il s’agit plutôt d’un décalage entre la réalité et la perception que l’on a de soi-même. Malgré les diplômes, les projets accomplis, les retours positifs ou les résultats concrets, le doute persiste.

Le syndrome de l’imposteur quand on est écrivain ou artiste
Dans le domaine de l’art, le syndrome de l’imposteur est particulièrement fréquent. L’art ne repose pas sur des critères strictement mesurables. Il n’existe pas d’échelle universelle pour déterminer la valeur d’un tableau, d’une chanson ou d’un roman. L’évaluation est subjective, et cette subjectivité peut nourrir l’incertitude.
En écriture, ce sentiment peut être encore plus fort. Écrire implique d’exposer une part de soi : ses idées, sa sensibilité, sa vision du monde. Le texte devient le reflet d’une identité. Cela rend le jugement extérieur plus personnel et parfois plus difficile à supporter.
Un écrivain peut avoir publié (ou pas), avoir des lecteurs fidèles ou recevoir des critiques positives, tout en continuant à penser qu’il n’est pas un « vrai » auteur. Il peut se comparer en permanence à d’autres écrivains, estimer que son travail est inférieur, ou croire que ses succès ne sont que temporaires.
Le syndrome de l’imposteur dans l’écriture se manifeste souvent par la minimisation de son travail, par l’impression de ne pas mériter sa place dans le milieu littéraire, ou par la conviction que la reconnaissance obtenue est accidentelle.

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Vous écrivez ? Alors, vous êtes un écrivain
Pourtant, écrire régulièrement, travailler son style, publier ou partager ses textes sont déjà des actes qui définissent une pratique d’auteur. La légitimité ne vient pas uniquement d’une validation extérieure. Elle se construit aussi par l’engagement, la constance et le travail accompli.
Et, le syndrome de l’imposteur ne disparaît pas nécessairement avec le temps ou le succès. Il peut toutefois être compris comme un signe d’exigence envers soi-même. Et, reconnaître ce mécanisme permet déjà de prendre du recul.
Mais, si c’est votre cas, que vous faites face au syndrome de l’imposteur en tant qu’artiste ou qu’écrivain, il faut que vous sachiez que vous n’êtes vraiment pas seul.
Aujourd’hui, il est même presque impossible de trouver un artiste ou un écrivain qui ne souffre pas, un minimum, de cette peur de ne pas être légitime. Si vous créez, que vous écrivez, que vous réfléchissez à des histoires… Vous êtes déjà un écrivain.
Écrire sans publier, ne jamais vendre, sous-métier…
Être écrivain, ce n’est pas forcément avoir publié. On estime souvent qu’être écrivain, c’est en faire son métier et être payé pour cela. Mais, c’est faux : beaucoup d’artistes ont d’ailleurs passé la majorité de leur vie, si ce n’est toute leur vie, sans rien vendre. Sont-ils malgré tout de « faux » auteurs ? Donc, si vous écrivez, vous êtes écrivain. Si vous dessinez, vous êtes un artiste.
Et, sachez aussi que si vous aspirez à en faire votre métier, ce n’est pas un sous-métier. Beaucoup d’artistes pensent que faire de l’art, en faire son métier, est un métier qui ne sert à rien dans la société. Cette vision vient de la vision que vous pensez que les autres ont de ce métier.
Dans notre société, on ne valorise pas beaucoup les métiers qui n’ont pas une utilité directe. Mais, être un auteur, ce n’est pas faire un sous-métier. C’est beaucoup de travail, et encore plus en auto-édition. Et, surtout, c’est utile dans la mesure où un monde sans art (ça inclut écouter de la musique, lire des livres, regarder des séries, etc) serait très triste et personne ne pourrait tenir sur le long terme.

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Comment vaincre ce syndrome de l’imposteur ?
Comment vaincre ce syndrome de l’imposteur en tant qu’artiste ou écrivain ? Il n’y a pas de recette miracle. La seule manière de sortir de cette peur de ne pas être assez et de ne pas être légitime à être un auteur, c’est d’assumer pleinement.
Même si vous faites face à des critiques, même si vous faites face à des personnes qui vous diront que vous n’êtes pas un artiste, que vous êtes nul, que ce n’est pas un travail… Il faut assumer jusqu’au bout, quitte à ce que certaines personnes ne comprennent pas et restent butées dans leurs idées.
« Si, je suis un artiste », « si, c’est du travail », dites-vous cela. Et oui, vous n’êtes pas médecin, vous n’êtes pas en train de construire une maison, vous ne vendrez certainement pas autant de livres que Stephen King. Et ce n’est pas grave. Chaque personne a des skills différents. Et vous, c’est la création artistique. Et, surtout, souvenez-vous : la plupart des artistes ressentent cela.
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