Le metal a souvent cette image de musique sérieuse, sombre, presque inaccessible. Pourtant, certains groupes prouvent qu’on peut être techniquement monstrueux tout en étant capables de se moquer d’eux-mêmes et de toute la scène metal. C’est exactement ce que fait ChuggaBoom depuis maintenant plus de dix ans.
ChuggaBoom : c’est quoi ce groupe ?
Formé au Royaume-Uni en 2014, ChuggaBoom évolue entre metalcore, deathcore, électronique, breakdowns dévastateurs et humour complètement absurde. Un groupe masqué qui enchaîne les riffs assassins, les screams impressionnants… tout en écrivant des chansons sur les jeux vidéo, les réseaux sociaux, Noël ou encore sur les clichés du metal moderne.
Et pourtant, malgré une discographie déjà bien remplie, le groupe reste étonnamment discret avec seulement environ 6800 abonnés sur Instagram au moment où nous écrivons ces lignes. Un chiffre presque incompréhensible quand on découvre leur niveau technique.
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Un groupe qui refuse de choisir entre brutalité et second degré
Au premier abord, on pourrait croire à un simple groupe parodique. Les titres parlent d’eux-mêmes : Trust Me, I’m A Proctologist!, Kevin, Now That’s What I Call Deathcore, Chugg Wars: The COVID-19 Saga ou encore Trust Me, I’m Still A Proctologist. On comprend rapidement que les Britanniques ne se prennent pas vraiment au sérieux. Enfin, en apparence seulement.
En fait, c’est justement là que réside leur force. Contrairement à beaucoup de groupes humoristiques qui utilisent la blague pour masquer un niveau musical moyen, ChuggaBoom fait exactement l’inverse. Les morceaux sont drôles… parce que les musiciens sont excellents. Un peu à l’image d’Ultra Vomit ou encore de Hate For Pain (encore moins connu que ChuggaBoom).
Le groupe maîtrise parfaitement tous les codes du metalcore moderne : guitares ultra lourdes, passages électroniques, rythmiques très techniques, breakdowns (INCROYABLES) qui arrivent toujours au bon moment et une production particulièrement soignée. Le chanteur a d’ailleurs une technique vocale vraiment impressionnante.
On sent aussi des influences qui peuvent rappeler Attila, Asking Alexandria ou encore Brojob, mais avec une identité beaucoup plus britannique et une écriture volontairement satirique.
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Un chanteur capable de tout faire
S’il y a bien un élément qui impressionne immédiatement, c’est le chanteur. Passer d’un chant clair très mélodique à un scream extrêmement agressif est déjà difficile. Mais réussir à le faire plusieurs fois dans une même phrase, sans perdre en justesse ni en puissance, demande un niveau technique particulièrement élevé.
Et c’est exactement ce qu’il fait. Les parties hurlées sont massives, les aigus restent maîtrisés, les graves sont profonds et les passages chantés possèdent une vraie musicalité. Ce n’est jamais une démonstration gratuite. Et cette polyvalence atteint probablement son sommet dans leur reprise de Bohemian Rhapsody de Queen.
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TOP 3 des musiques à écouter en priorité
- Reprendre Bohemian Rhapsody est probablement l’un des exercices les plus dangereux pour n’importe quel groupe de rock ou de metal. Tout le monde connaît la chanson. Tout le monde connaît Freddie Mercury. Et très peu de reprises arrivent réellement à proposer quelque chose de différent. ChuggaBoom relève pourtant le défi avec une facilité presque insolente.
- Mad Skills Brah! : Pour beaucoup de fans, c’est le morceau qui leur a fait découvrir le groupe. La chanson est une énorme satire de la culture gaming compétitive. Le texte enchaîne les références aux parties en ligne, aux insultes que tout joueur a déjà entendues au moins une fois. Il n’est d’ailleurs pas étonnant que Mad Skills Brah! ait été utilisée dans de nombreux AMV.
- Autre exemple de leur second degré permanent : I Just Have Sex. Le résultat est volontairement absurde : les paroles racontent, avec un enthousiasme complètement ridicule, la fierté d’avoir… simplement eu une relation sexuelle. Tout est exagéré, grotesque, volontairement immature. C’est précisément le but. Là où beaucoup de groupes de metal cherchent à paraître constamment sombres, torturés ou mystérieux, ChuggaBoom assume totalement de faire rire son public.
Autrement dit : si vous aimez le metalcore moderne, les grosses performances vocales, les riffs qui cognent et les groupes qui n’ont absolument pas peur de tourner leur propre genre en dérision, ChuggaBoom mérite largement une place dans votre playlist.
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