Travailler depuis son salon, c’est tentant au démarrage. Mais domicilier son entreprise chez soi et y exercer son activité, ce n’est pas la même chose, et les règles ne se ressemblent pas du tout. Voici ce qui change selon votre statut, votre commune et votre bail.
Domiciliation et exercice de l’activité : deux notions à ne pas confondre
Toute entreprise doit indiquer, dès sa création, l’adresse de son siège social et le lieu où elle exerce réellement son activité. Ces deux adresses peuvent être identiques, mais ce n’est pas automatique.
La domiciliation, c’est l’adresse administrative et postale de l’entreprise, celle qui figure sur les statuts, les factures, le K-bis. L’exercice de l’activité, lui, désigne l’endroit où le travail se fait concrètement : recevoir un client, stocker du matériel, tenir une boutique. Une entreprise peut très bien être domiciliée à une adresse et travailler ailleurs.
VOIR AUSSI : Freelance : pourquoi domicilier son entreprise ailleurs que chez soi ?
Domicilier son entreprise à son domicile : ce que dit la loi
Le cas des entrepreneurs individuels
Un entrepreneur individuel, y compris sous le régime du micro-entrepreneur, peut domicilier son entreprise chez lui, à condition qu’aucune clause de son bail ou du règlement de copropriété ne l’interdise expressément.
Si une telle clause existe, plusieurs solutions restent possibles : renégocier le bail avec le propriétaire, s’installer dans un local commercial, demander en mairie un changement de destination si l’entrepreneur est propriétaire, ou passer par une société de domiciliation collective. C’est souvent la question qui bloque au moment de créer sa structure, et la réponse dépend presque toujours du contrat de bail.
Il existe une exception notable : les entrepreneurs qui n’ont pas d’établissement fixe, comme les commerçants ambulants, peuvent déclarer leur domicile comme adresse de l’entreprise même en présence d’une clause contraire.
Le cas des sociétés
Pour une société (SAS, SARL, etc.), c’est le dirigeant, et non un associé quelconque, qui peut domicilier la structure à son domicile personnel, au moment de l’immatriculation ou plus tard. Là encore, la règle de base reste la même : aucune clause du bail ou du règlement de copropriété ne doit s’y opposer.
Bon à savoir : une clause interdisant la domiciliation d’une entreprise dans le bail n’empêche pas nécessairement une tolérance temporaire, encadrée par la loi (voir plus bas).
VOIR AUSSI : Travail à domicile : 10 conseils pour ne plus se laisser distraire par son téléphone !
La tolérance de 5 ans pour les sociétés soumises à une clause restrictive
Quand une clause contractuelle interdit la domiciliation, le dirigeant d’une société peut malgré tout domicilier son entreprise chez lui, mais pour une durée maximale de 5 ans. Deux démarches sont alors obligatoires.
D’abord, informer le bailleur ou le syndic de copropriété par lettre recommandée avec accusé de réception, avant la demande d’immatriculation au registre national des entreprises. Cette lettre a une simple valeur informative, aucune autorisation n’est à obtenir de leur part. Ensuite, déclarer au greffe cette adresse en précisant son caractère temporaire, avant l’expiration du délai de 5 ans, sous peine de radiation d’office.
En cas de déménagement pendant cette période, le siège peut être transféré au nouveau domicile pour la durée restante.
Trois mois avant la fin du délai, le dirigeant doit communiquer au greffe le titre justifiant de nouveaux locaux pour le siège, sous peine de radiation. Certains greffes vérifient d’ailleurs périodiquement la domiciliation des entreprises par voie informatique. Si le syndic ou le propriétaire réclame la preuve du transfert avant l’échéance et que rien n’est fourni, le locataire s’expose à la résiliation de son bail, et le propriétaire à une astreinte ou des dommages et intérêts.
Le transfert de siège suppose en général l’accord de l’assemblée générale des associés, une publicité dans un journal d’annonces légales, une inscription modificative via le guichet unique, puis un dépôt au greffe et une publicité au Bodacc.
VOIR AUSSI : Pourquoi adopter le travail hybride en entreprise ? Ses avantages et ses limites
Exercer son activité professionnelle à domicile : les règles applicables
Domicilier son entreprise chez soi est une chose. Y travailler réellement en est une autre, avec ses propres conditions, qui dépendent surtout de la commune où l’on habite.
Hors des zones tendues
Dans les communes non concernées par une procédure de changement d’usage, exercer son activité chez soi est possible dès lors qu’aucune clause du bail ou du règlement de copropriété ne l’interdit. Ces communes peuvent toutefois, sur décision motivée du maire, instaurer une autorisation préalable de changement d’usage : mieux vaut vérifier la situation locale avant de s’installer.
En zone tendue
Dans les communes classées en zone tendue, exercer une activité à domicile équivaut à un changement d’usage du logement, ce qui suppose une autorisation préalable du maire. Cette autorisation peut être accordée, y compris pour une activité commerciale, à condition qu’aucune clause du bail ou du règlement de copropriété ne s’y oppose, qu’il s’agisse de la résidence principale, et que l’activité ne génère ni nuisance ni danger pour le voisinage.
Deux tolérances existent malgré tout, sans changement d’usage à demander. Pour un logement qui n’est pas au rez-de-chaussée : l’activité doit être exercée par un occupant qui y a sa résidence principale, sans accueillir ni clientèle ni marchandises. Pour un logement au rez-de-chaussée : mêmes conditions de résidence principale, avec en plus l’absence de nuisance ou de danger pour l’immeuble. Les logements en HLM restent soumis à des règles particulières, avec un avis systématique de l’organisme propriétaire.
Bon à savoir : dans tous les cas, une extension de l’assurance habitation ou un contrat professionnel dédié est recommandé pour couvrir les dommages liés à l’activité exercée au domicile.
Pas de domiciliation possible chez vous ? La solution Kandbaz
Quand le bail, le règlement de copropriété ou la nature de l’activité empêchent de domicilier l’entreprise à son domicile, reste la solution de la domiciliation professionnelle.
Une adresse agréée, sans les contraintes du bail personnel
Kandbaz est un spécialiste de la domiciliation d’entreprise, avec 8 centres à Paris et une centaine d’implantations à travers la France, tous soumis à un agrément préfectoral. Domicilier son siège chez Kandbaz permet de contourner les clauses de bail ou de copropriété qui interdisent la domiciliation à domicile, sans passer par les démarches et les délais liés à la tolérance provisoire de 5 ans.
Un back-office complet, pas juste une adresse
Au-delà de l’adresse, les centres Kandbaz donnent accès à des bureaux équipés en fonction des besoins, à la gestion administrative et au télésecrétariat, à une assistance juridique, à la téléphonie, ainsi qu’à un centre de relation client multicanal. Autant de services qui permettent de séparer, dès le départ, la vie professionnelle du domicile personnel, sans les frais d’un bureau à plein temps.
Une adresse professionnelle reconnue, un accueil soigné dans les centres, et la possibilité de faire suivre ou numériser son courrier : de quoi lancer une activité sereinement, même quand le domicile personnel ne s’y prête pas.
Reste, dans tous les cas, à bien vérifier son bail ou son règlement de copropriété avant de choisir entre domiciliation à domicile et domiciliation professionnelle. Les deux options répondent à des besoins différents, et le bon choix dépend surtout de la situation contractuelle et du type d’activité exercée.
NuMedia est un média indépendant. Soutiens-nous en nous ajoutant à tes favoris sur Google Actualités :






