Recevoir une maison en héritage entre frère et sœur est une situation fréquente et souvent plus complexe qu’il n’y paraît. Entre règles juridiques, fiscalité, indivision et choix à faire (vendre, conserver, racheter des parts), mieux vaut comprendre le cadre légal pour éviter les tensions familiales et les erreurs coûteuses. Voici un tour d’horizon clair et détaillé pour y voir plus net.
Sommaire
Comment se transmet une maison entre frère et sœur ?
Lorsqu’un parent décède sans disposition particulière, la maison fait partie de la succession et revient aux héritiers selon les règles légales.
Entre frère et sœur, la situation la plus courante est celle où ils héritent ensemble du bien, chacun à hauteur de sa part successorale (souvent 50/50 s’ils sont deux).
La maison entre alors en indivision successorale.

VOIR AUSSI : Comment se passe une succession ? Guide complet de l’héritage
L’indivision : un fonctionnement parfois délicat
L’indivision signifie que chaque héritier est propriétaire d’une quote-part du bien, sans que celui-ci soit physiquement divisé.
Concrètement :
- chacun a les mêmes droits d’usage sur la maison ;
- les décisions importantes doivent être prises ensemble ;
- les frais (taxe foncière, travaux, assurance) sont partagés proportionnellement aux parts.
Certaines décisions, comme les actes de gestion courante, peuvent être prises à la majorité des deux tiers. En revanche, vendre la maison ou la louer durablement nécessite l’accord de tous. C’est souvent à ce stade que les désaccords apparaissent.
Trois options possibles pour les frères et sœurs
Vendre la maison héritée
C’est la solution la plus simple lorsque personne ne souhaite conserver le bien. La maison est vendue, puis le prix est réparti entre les héritiers selon leurs parts.
Attention toutefois :
- des droits de succession peuvent être dus avant la vente ;
- une plus-value immobilière peut s’appliquer si le bien a pris de la valeur (avec exonérations possibles selon la situation).
Conserver la maison en indivision
Certains frères et sœurs choisissent de garder la maison, par exemple une maison familiale ou de vacances. Dans ce cas, il est fortement conseillé de :
- rédiger une convention d’indivision chez le notaire ;
- définir les règles d’utilisation du bien ;
- anticiper la répartition des charges et des travaux.
Sans cadre clair, l’indivision peut vite devenir source de conflits.
Rachat de parts par l’un des héritiers
Si l’un des frères ou sœurs souhaite garder la maison, il peut racheter la part de l’autre.
Le prix est basé sur :
- la valeur du bien estimée (souvent par un notaire ou un expert immobilier) ;
- la quote-part détenue par chacun.
Des frais de notaire et des droits de partage s’appliquent, mais cette solution permet souvent de préserver l’équilibre familial.

VOIR AUSSI : Un testament peut-il annuler une donation ? Ce qu’il faut vraiment comprendre
Fiscalité : quels droits de succession entre frère et sœur ?
La fiscalité est un point clé. Entre frère et sœur, elle est nettement plus lourde que pour une transmission parent-enfant.
- Abattement : seulement 15 932 € par héritier
- Taux d’imposition : jusqu’à 45 % au-delà de certains montants
Dans certains cas très spécifiques (cohabitation prolongée, situation de handicap), une exonération peut exister, mais elle reste rare.
Que faire en cas de conflit ?
Lorsqu’un frère ou une sœur souhaite vendre et l’autre non, la situation peut se bloquer. La loi prévoit toutefois une issue : nul ne peut être contraint à rester en indivision.
En cas de désaccord persistant :
- une médiation familiale peut être tentée ;
- à défaut, le tribunal peut autoriser la vente du bien.
Cette procédure est longue et coûteuse, d’où l’intérêt d’anticiper.

VOIR AUSSI : Qu’est-ce qu’un titre de propriété ?
L’importance du notaire dans ce type de succession
Le notaire joue un rôle central :
- il établit l’acte de notoriété ;
- il calcule les droits de succession ;
- il conseille sur les options possibles (vente, partage, rachat de parts) ;
- il sécurise juridiquement les décisions.
Faire appel à un notaire dès le début permet souvent d’éviter bien des malentendus.
Anticiper pour éviter les tensions familiales
Beaucoup de conflits entre frère et sœur naissent d’un manque d’anticipation. Testament, donation-partage ou démembrement de propriété sont autant de solutions que les parents peuvent envisager de leur vivant pour faciliter la transmission et limiter la charge fiscale.
En résumé
Hériter d’une maison entre frère et sœur implique :
- une mise en indivision quasi systématique ;
- des choix importants à faire rapidement ;
- une fiscalité à ne pas sous-estimer ;
- et souvent, un équilibre délicat entre affectif et financier.
Bien accompagné et bien informé, cet héritage peut rester un lien familial… plutôt qu’un sujet de discorde.
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