Résistance aux antibiotiques : un antibiotique naturel dans notre nez ?

Un antibiotique naturel dans notre nez ? L’hypothèse semble surréaliste, pourtant après plusieurs années de recherche, des scientifiques de l’université de Tübingen en Allemagne viennent de découvrir dans les narines de plusieurs patients une bactérie produisant naturellement un antibiotique en occurrence la lugdunine.

Elle serait plus efficace pour lutter contre de nombreuses bactéries, dont le staphylocoque doré connu pour être multirésistant aux autres antibiotiques administrés sous forme de traitement. Les résultats de leurs études ont été publiés dans la revue scientifique Nature. Malgré le fait qu’il reste encore d’autres travaux à effectuer, ce nouvel antibiotique niché dans le nez est porteur d’espoir dans la communauté scientifique.

Résistance aux antibiotiques : des résultats obtenus auprès de 187 patients

Pour arriver à la conclusion qu’un antibiotique naturel serait présent dans notre nez , les chercheurs ont prélevé des échantillons de mucus dans le nez de 187 patients hospitalisés. Ils ont fait le constat selon lequel les patients dont le mucus contenait une forte concentration du fameux antibiotique naturel Staphylocuccus lugdunensis étaient six fois plus résistants à une infection des staphylocoques.

Le nom scientifique de cette bactérie résistante aux antibiotiques est le Staphylococcus aureus communément appelé Staphylocoque doré. C’est une bactérie capable de résister à de nombreux antibiotiques et dans les cas les plus graves, l’infection peut être fatale chez le patient. D’après les découvertes des chercheurs allemands, le nez abriterait une forme d’antibiotique naturel qui détruirait le Staphylococcus aureus.

L’antibiotique naturel dans le nez testé chez les souris

La molécule provenant de la lugdunine produite par ces fameuses bactéries logées dans le nez a été testée chez les souris atteintes d’infections cutanées, les résultats sont probants. Mais avant d’être administré chez l’homme, il faudra attendre plusieurs années d’autant plus que d’autres recherches seront nécessaires pour passer à l’étape de médicament.

Le corps humain se révèle comme un espoir dans la lutte contre certaines pathologies. L’un des chercheurs Andreas Peschel rapporte : « La lugdunine n’est qu’un exemple de ces bactéries présentes dans l’organisme. Nous sommes sûrs qu’il y en a d’autres à découvrir ». En effet, le microbiote de l’organe olfactif contient environ 50 espèces bactériennes différentes.

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